P^3: Plastique, Projet, Pochette : Bougeons pour demain!

Pour commencer...

C'est en partant d'un constat celui de l'augmentation de la pollution dans la ville de Ouahigouya au Nord du Burkina Faso, et de l'extension des décharges sauvages dans la ville et sa banlieue, que l'idée de recyclage et de gestion d'une partie des déchets a émergé et est devenue concrète par la création d'atelier pour redonner une seconde vie au plastique.

P^3 a choisi d’orienter son projet en employant des femmes en situation précaires, souvent avec des enfants en bas âge et célibataires. Très peu d’artisanat, et encore moins d'usine ou encore de formations, leurs sont accessibles. Marginalisées, elles doivent donc subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs enfants « au mieux » quelques fois via de petites activités de maraîchage ou encore de commerce.

P^3 emploie actuellement 11 femmes et a donc permis à 11 familles de trouver un niveau de vie acceptable, fruit du travail de la maman. A terme, P^3 a pour objectif d’employer 40 femmes et donc permettre à leurs enfants d'accéder aux soins, à l'éducation et à des conditions de vie dignes.

 

Les sachets plastiques que nous utilisons sont en effet assez spécifiques et utilisés par un très très grand nombre d'Africains dans la vie de tous les jours.

En effet, ce sont de petits sachets d'eau, dont la contenance varie entre 25 cl et 50 cl. Ils sont achetés dans des petits Kiosks en bordure de route, dans les restaurants ou chez des particuliers. Ils sont déglutis en quelques secondes et en moins de 2 minutes, ce sachet plastique se retrouve au sol.

Les arguments majeurs de la production et de la vente de ces sachets d'eau sont, premièrement un qualité d'eau potable qui n'est pas accessible à tous en Afrique.

Deuxièmement un coût d'achat à l'unité qui n'est très pas élevé(25F CFA soit moins de 0,04 cts d'euros). Et troisièmement, une eau fraîche, puisque les sachets d'eau mis à la vente à l'unité sont stockés dans des frigos ou des congélateurs. Et rien ne vaut 25cl d'eau fraîche après une journée de travail à plus de 35°C.

On observe alors devant certains kiosks très fréquentés, que le sol est jonché de ce plastique. Cela ne s'arrêtant pas à cet endroit, ils sont balayés un peu plus loin ou sont emportés par le vent dans les paysages alentours.

Le contexte sociale et politique concernant le projet

P^3: Plastique, Projet, Pochette est un projet qui répond à deux problématiques locales majeures sociales et écologiques.

D'une part, il répond à un mal de l'Afrique, celui du cancer des sachets plastiques. Les sachets plastiques utilisés par un très grand nombre d'africains dans la vie de tous les jours sont spécifiques. Ils contiennent 25 à 50 cl d'eau potable. Vidés de leurs contenus, ils jonchent les sols de la ville et s'envolent au vent.

La gestion des déchets, quels qu'ils soient, est inexistante. Les déchets sont brulés souvent devant les portes (polluant l'air) ou transporté à l'extérieur de la ville. Tous les jours les décharges sauvages s'agrandissent. Elles sont des terrains de jeux pour les enfants et favorisent le développement de maladies.

Ces déchets plastiques sont devenus pour P^3 un moyen de créer un revenu pour aujourd'hui 11 femmes. Nous valorisons ainsi les compétences des femmes et chacune contribue à la protection de l'environnement.

Toute la population de la ville de Ouahigouya en bénéficie car nous agissons positivement, certes modestement, sur l'assainissement de la ville et la préservation de l'environnement.

Les éleveurs également s’en trouve positivement impactés. Les animaux d'élevages (chèvres, moutons, vaches) consomment les sachets plastiques qui volent dans les rues, entraînant la mort de l'animal et une énorme perte financière pour son propriétaire.

D'autre part, il prend en main une réalité celui du chômage et d'une précarité sociale d'un grand nombre de femmes. Aujourd'hui la majorité de la population de Ouahigouya a une activité agricole. Les habitants ont pour la plupart d'un lopin de terre, qui ne permet même pas à toute la famille de se nourrir quotidiennement. Une activité salariée parallèle est donc nécessaire pour assurer les besoins quotidiens et indispensables à leurs développements comme les soins, la scolarité, les transports.

La présence dans la Région du Nord du Burkina Faso d'entreprises embauchant des femmes est très faible voire inexistante. Notre projet est une opportunité presque unique pour elles.

 Il n'est pas possible de stopper l'utilisation du plastique pour ces sachets, c’est bien souvent la seule solution pratique pour pouvoir consommer de l’eau potable. C'est pourquoi notre intervention est tournée vers une alternative, celle du recyclage par l'insertion et la formation de femmes.

Pour conclure, P^3 est un projet qui répond à deux problématiques locales majeures sociales et écologiques : le grand nombre de jeunes mères seules et la pollution due aux sachets plastiques (ayant servi de contenant à l’eau potable) usagés.

Les jeunes mères seules survivent dans des conditions de précarité extrêmes et leurs enfants en subissent les conséquences directes.

L'atelier de couture

Nous avons formé une équipe de femmes choisies pour les difficultés qu'elles rencontrent socialement et économiquement dans la ville de Ouahigouya.
Ces femmes sont motivées, actives et responsables.
L'atelier situé dans un local, permet actuellement de faire travailler 11 femmes.

Créativité et recyclage sont les mots clés de notre atelier de couture.
L'atelier fabrique des pièces uniques, faites main, conçues et réalisées à partir de la matière plastique usagée.

Ainsi nous agissons en faveur de la diminution de la pauvreté auprès d'un public de femmes souvent touchées par des problèmes sociaux et familiaux.

De plus, nos actions ont également un impact positif sur l'environnement puisque le ramassage des sachets plastiques favorise et contribue à l'assainissement au sein de la ville.
Selon le Ministère des Ressources Animales, le plastique serait à l'origine d'un taux de 30%, de mortalité des animaux.

 

L'atelier crochet

L'atelier de crochet a été mis en place début 2016. Il a permis de créer 3 emplois supplémentaire. L'objectif est de recycler les sachets noirs, qui après collecte sont lavés avec la même méthode écologique que celle utilisée pour les sachets d'eau.

Ensuite ils sont crochetés sous différentes formes, qui permet d'obtenir un produit de très bonne qualité, résistant et lavable. 

L ' atelier tissage 

L'atelier de tissage est un moyen de recycler les sachets plastiques noirs qui jonchent le sol et volent dans le ciel pour venir se percher dans les arbres.

Cette méthode demande un savoir-faire que nous avons développé avec des femmes tisserandes.

Ce travail fastidieux, permet de redonner une seconde vie au sachet plastique encore trop nombreux dans le paysage et cela malgré, une intervention forte du gouvernement Burkinabé pour l'arrêt de la production de sachet plastique au Burkina Faso pour 2015.

 

Perspectives

Si nous ne bougeons pas aujourd'hui, demain sera une catastrophe pour les générations à venir.

 

P^3 se veut être un projet durable et les objectifs se déclinent sur les trois piliers de la durabilité :

 Vivable

Construire 2 ateliers de production en voûtes et coupoles (1 étant déjà construite)

Recycler les sachets plastiques générés par la communauté de Ouahigouya : installer des poubelles dédiées dans toute l’agglomération 

 Viable

Travailler en circuit court (artisans et matières premières locales)

Développer les ventes régionales (Burkina et Afrique de l’Ouest)

 Équitable

Employer des mères seules (préalablement en situation de grande précarité) : 45 emplois à 2020

Sensibiliser la population locale aux méfaits du plastique par des actions publiques

Et c'est aussi dans un objectif de diminuer et de gérer les déchets que nous menons notre action.

Photo des sachets plastiques en train de sécher (02.2015)

Photo des femmes de l'atelier lavant les sachets plastiques (02.2015)

Photo d'une décharge au centre ville de Ouahigouya (11.2014)